Motel Černobil

Après la quatrième guère mondiale atomique
L'eau, le feu, la terre et l'air furent pollués
Les riches respiraient grí¢ce í  des appareils spéciaux
Et c'est sur des pots d'échappement que les pauvres collaient leurs nez.

Au commencement, les Américains n'ont pas écouté les Anglais
Et de faí§on démentielle les Chinois ont énervé
Les Japonais, profitant de l'instant bien choisi
Leur rendirent la pareille pour Hiroshima et Nagasaki.

L'état major russe s'étant bourré la gueule,
En appuyant sur le bouton fit péter la moitié de l'Europe et de l'Inde
Il ne resta un peu de vie que dans les campagnes
La poussière í  la poussière, la cendre aux cendres.

Les gens comme des nomades se mirent í  errer
En chantant : "le travail c'est la santé…"
Car l'espoir humain ne peut pas être baisé
Surtout le secteur de l'entreprise privé.

Dans son malheur, une Ukrainienne avait remarqué
Que la vieille centrale nucléaire n'était pas endommagée
A un écologiste fou elle vendit son tracteur
Et avec cet argent elle racheta le réacteur.

La vieille arrangea le lieu avec beaucoup de style
Et des clients en nombre s'amenèrent très vite
La patronne du "Motel Tchernobyl"
Sautait de joie en comptant la recette.

Car les clients étaient divers et variés :
Beaucoup respiraient avec des trachées
Et certains avaient des excroissances, des bosses…
Une humanité - des mutations nombreuses :
Huit têtes, deux colonnes vertébrales, quatre jambes.

Malgré les différences, il n'y avait jamais de bastons,
On servait í  la ronde un cocktail de plomb
Dans l'orchestre - un Elvis í  deux têtes
Et des quintuplés siamois rampant entre les tables.

Mais la vieille n'accordait ses faveurs í  personne
Et tricotant pour son chéri un pull í  deux manches

"Au patelin, une taverne dynamique
D'ou une tête déformée se pointe
Déformée par la guerre atomique
C'est la tête de nos jeunes mutants

J'en sors sans même être bourré,
En constatant cet état des faits :
A gauche - í  droite, ma maison s'est évaporée,
O, planète, comme tu es niquée."